60 ans et des broquilles, étudiant en L1 : les raisons d’un choix

2015-0709-BB_Nanterre-480pxÀ pas loin de 61 ans, ayant obtenu ma carte officielle de vieux auprès de la SNCF (pardon, ma carte Sénior+), je viens de recevoir ce 9 juillet 2015 très précisément ma carte jeune (pardon, ma carte d’étudiant en première année de licence).

Entre mon bac en 1973 et ma retraite, ma scolarité à l’école normale d’instituteurs de Paris remonte à l’avant loi Savary de 1984: à cette époque antédiluvienne, l’enseignement post-secondaire hors universités et grandes écoles ne relevait pas de l’enseignement supérieur. A suivi une carrière d’instituteur puis de professeur des écoles, marquée par un fort engagement syndical (à la FEN puis à l’UNSA) avec des alternances entre exercice de terrain et responsabilités syndicales. Et toujours, dans cette longue période, à titre professionnel, militant ou personnel, un intérêt certain pour la chose publique. 

J’ai eu tout particulièrement l’occasion de m’intéresser (beaucoup) à la Fonction publique, notamment à ses aspects statutaires; j’ai été conduit par nécessité à toucher en autodidacte le droit administratif (en tout cas ses bribes). J’ai donc fait le choix — y compris parce que je continue à travailler sur ces questions — d’entamer quand j’en aurai le loisir (maintenant, donc) des études universitaires sur ce champ, avec une base solide en matière de droit public en développant (je l’espère du moins) d’autres compétences, d’autres approches que celles que j’ai pu acquérir en trente années discontinues d’activité syndicale à des niveaux divers.

Il se trouve que j’ai en projet une étude portant sur les problèmes de classification dans la Fonction publique de 1946 (statut Thorez) à nos jours. J’ai eu l’occasion de l’effleurer dans la période 2013-2015 en étant impliqué fortement, au sein de l’équipe de négociateurs de l’UNSA Fonction publique conduite par mon ami Guy Barbier, dans les négociations Avenir de la Fonction publique — Parcours professionnels, carrières, rémunérations conduites au nom du Gouvernement sous l’autorité de Marylise Lebranchu. Ce ne sera pas un travail universitaire, mais le passage par l’Université est, pour moi, une occasion de pouvoir l’approfondir.

On parle souvent de l’Université comme l’alma mater (la mère nourricière): le parcours en licence, les ressources offertes à l’étudiant (et d’abord les si précieuses bibliothèques universitaires: celle de l’université, mais aussi, sur le campus, la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine [BDIC]) m’offriront sans nul doute aussi l’accès à des ressources utiles pour ce projet personnel qui est aussi le fruit d’une continuité tout à la fois militante et historique.

C’est ce lien physique qui explique le choix d’un cursus présentiel, quelque grand que soit mon intérêt pour la pédagogie numérique. Mais je n’exclus de fureter ni dans les Cours massifs en ligne ni d’explorer encore ces excellents carnets de recherches d’hypothese.org.

Retraités ou pas, profitons de toutes les ressources pour cultiver notre curiosité, mais aussi, comme le disait si bien François-Marie Arouet, pour cultiver notre jardin.

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